Prévenir l’épuisement professionnel : 7 questions à se poser avant la rentrée
Et si les vacances étaient l’occasion de ne pas seulement récupérer, mais de réfléchir à ce que l’on peut changer dans sa manière de travailler ?
L’été est souvent associé au repos. Les journées ralentissent, les agendas se vident, les réunions se font plus rares et, pour quelques semaines, on s’autorise enfin à souffler. C’est précieux.
Mais les vacances peuvent aussi être l’occasion de faire quelque chose de plus difficile : prendre du recul sur notre manière de fonctionner le reste de l’année.
Car récupérer n’est pas toujours suffisant pour prévenir l’épuisement professionnel.
Si nous revenons en septembre avec les mêmes habitudes, les mêmes exigences envers nous-mêmes et les mêmes difficultés à poser des limites, la surcharge risque simplement de se réinstaller.
Alors, avant de penser à la rentrée, pourquoi ne pas profiter de cette période pour observer ce que les derniers mois nous ont appris ?
Quand le rythme ralentit, certains signes d’épuisement deviennent plus visibles
Pendant l’année, nous pouvons fonctionner à un rythme élevé sans réellement nous demander comment nous allons. Nous avançons, répondons aux sollicitations, prenons des décisions, gérons les imprévus. Nous sommes présentes pour nos équipes, nos collègues, nos clients et nos proches.
Et parce que nous continuons à fonctionner, il peut être difficile de mesurer le coût réel de ce rythme.
Puis viennent les vacances. On dort davantage, on consulte moins ses emails, les contraintes diminuent. Et parfois, c’est seulement à ce moment-là que l’on réalise à quel point on était fatiguée : une fatigue persistante, une difficulté à décrocher, une irritabilité inhabituelle ou encore cette sensation d’être constamment en tension.
Le calme ne crée pas nécessairement ces signaux. Il nous permet parfois simplement de les entendre.
C’est pourquoi une période de pause peut être un moment particulièrement intéressant pour faire le point et repérer les premiers signes d’un éventuel épuisement professionnel.
L’épuisement professionnel n’est pas seulement une question de charge de travail
Face à une surcharge professionnelle, notre premier réflexe est souvent de chercher à mieux nous organiser : optimiser notre agenda, gagner en efficacité, prioriser davantage, déléguer quelques tâches ou prendre quelques jours de repos.
Ces actions peuvent être utiles. Mais elles ne suffisent pas toujours à prévenir le burn-out.
Car l’épuisement professionnel n’est pas uniquement une question de volume de travail. Il peut aussi être lié à la manière dont nous nous positionnons face aux attentes, aux responsabilités et aux limites que nous nous autorisons à poser.
C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi certaines personnes continuent à se sentir sous pression même après avoir réorganisé leur agenda ou réduit ponctuellement leur charge. Les mécanismes qui alimentent la surcharge peuvent être plus profonds : difficulté à dire non, peur de décevoir, besoin de prouver sa valeur ou tendance à prendre davantage de responsabilités que nécessaire.
Les identifier constitue une étape importante dans la prévention de l’épuisement.
Qu’est-ce qui m’a réellement coûté de l’énergie ?
Plutôt que de se demander uniquement « Comment vais-je récupérer ? », on peut aussi se demander : « Qu’est-ce qui m’a épuisée ? »
La nuance est importante, parce qu’elle nous invite à regarder au-delà de la fatigue elle-même.
Peut-être est-ce une charge de travail excessive. Mais peut-être aussi la difficulté à dire non, le sentiment de devoir toujours être disponible, la peur de décevoir, le besoin de prouver sa valeur, l’habitude de faire passer les besoins des autres avant les siens, la tendance à tout prendre en charge ou encore la difficulté à demander de l’aide.
Ces mécanismes peuvent être particulièrement présents chez les femmes qui évoluent dans des environnements professionnels exigeants, notamment lorsqu’elles ont le sentiment de devoir davantage démontrer leur légitimité ou de rester irréprochables.
Ils peuvent même avoir contribué à leur réussite. Être fiable, engagée, disponible, être celle sur qui l’on peut compter, faire plus que prévu : ce sont des qualités.
Le problème apparaît lorsqu’elles deviennent le seul mode de fonctionnement possible.
Et si prévenir l’épuisement ne consistait pas à faire plus ?
Nous associons encore souvent la réussite à la capacité à en faire davantage : plus de responsabilités, plus de projets, plus de disponibilité, plus d’engagement.
Mais prévenir l’épuisement professionnel ne signifie pas nécessairement faire moins. Cela peut aussi signifier faire des choix plus conscients sur l’endroit où nous investissons notre énergie.
Choisir ce qui mérite réellement notre attention. Distinguer ce qui relève de notre responsabilité de ce qui ne nous appartient pas. Accepter que tout ne mérite pas le même niveau d’exigence.
Pour certaines femmes, cela peut demander de remettre en question une croyance profondément ancrée :
« Si je ne fais pas tout parfaitement, je risque de ne plus être à la hauteur. »
Or, notre valeur professionnelle ne se mesure pas au nombre d’heures travaillées, ni à la quantité d’efforts invisibles que nous sommes capables de fournir.
La récupération : une nécessité, pas une récompense
Dans de nombreux environnements professionnels, la récupération est encore perçue comme quelque chose que l’on s’accorde une fois que le travail est terminé.
Une récompense. Un luxe. Un moment que l’on mérite après avoir beaucoup donné.
Mais lorsque la récupération est systématiquement repoussée, elle finit par devenir insuffisante.
Prévenir l’épuisement, c’est aussi apprendre à intégrer la récupération dans son fonctionnement professionnel, plutôt que d’attendre les vacances pour recharger complètement ses batteries.
La question n’est donc pas seulement : « Comment récupérer pendant mes vacances ? »
Mais aussi : « Comment créer un fonctionnement professionnel dans lequel je n’ai pas besoin d’attendre les vacances pour récupérer ? »
7 questions pour préparer une rentrée différente
La rentrée peut être une bonne occasion de faire un petit exercice de tri. Pas uniquement dans ses affaires ou son agenda, mais aussi dans ce que l’on porte.
Voici sept questions que vous pouvez prendre le temps d’explorer pendant l’été :
1. Qu’est-ce qui m’a demandé le plus d’énergie ces derniers mois ?
2. Qu’est-ce que j’ai accepté par choix, et qu’est-ce que j’ai accepté par habitude ?
3. Où ai-je eu le plus de difficultés à poser une limite ?
4. Qu’est-ce que je cherche encore à prouver ?
5. Qu’est-ce que je pourrais arrêter de faire, déléguer ou faire différemment ?
6. De quoi ai-je besoin pour préserver mon énergie dans la durée ?
7. Qu’est-ce que je ne veux pas reprendre avec moi à la rentrée ?
Ces questions n’ont pas vocation à tout remettre en question. Elles peuvent simplement permettre de prendre conscience de certains automatismes et d'identifier une ou deux choses que l’on souhaite faire différemment.
La rentrée peut être un moment de choix
Nous n’avons pas besoin de tout changer pour prévenir l’épuisement professionnel.
Une seule décision peut parfois créer davantage d’espace : dire non à une sollicitation qui n’est pas essentielle, demander de l’aide plus tôt, déléguer une responsabilité, cesser de vouloir tout contrôler, revoir une exigence que l’on s’impose ou simplement accepter que tout ne mérite pas le même niveau d’effort.
La rentrée peut être l’occasion de faire des choix plus conscients sur ce que l’on veut continuer à porter, et sur ce que l’on veut enfin arrêter de s’imposer.
Il ne s’agit pas de faire moins pour faire moins. Il s’agit de ne plus avoir à tenir à tout prix.
Prévenir l’épuisement plutôt que réparer
Identifier les signes d’épuisement est une première étape. Mais la prise de conscience ne suffit pas toujours à changer des habitudes installées depuis longtemps.
Prévenir l’épuisement professionnel, c’est aussi regarder les mécanismes qui nous amènent à dépasser nos limites encore et encore. C’est apprendre à reconnaître ce qui nous coûte, à poser des limites avant d’être au bout et à demander de l’aide avant que la situation ne devienne critique.
C’est aussi construire une manière de réussir qui ne repose pas uniquement sur notre capacité à tenir.
La véritable résilience ne consiste pas à tenir coûte que coûte. Elle consiste à reconnaître ses limites suffisamment tôt pour pouvoir continuer à avancer sans s’épuiser.
Les vacances peuvent donc être plus qu’une parenthèse. Elles peuvent être un moment de recul, un moment pour écouter, faire le tri et peut-être décider que la prochaine rentrée ne sera pas simplement une reprise, mais le début d’une manière de travailler un peu différente.
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Pour aller plus loin
Si vous souhaitez identifier votre niveau de surcharge et mieux comprendre les mécanismes qui peuvent vous maintenir en « mode survie », j’ai créé ce quiz : Découvrir le Mini Guide Survie
Ce guide ne remplace pas un accompagnement médical ou thérapeutique.